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Lettre PARI #1 : édito des recteurs

Cette première édition de notre lettre de veille est l’occasion de réaffirmer notre souhait de devenir des académies apprenantes, au sens où Catherine Becchetti-Bizot, Guillaume Houzel et François Taddei ont appelé de leurs voeux la marche « vers une société apprenante ».
Un collectif devient « apprenant » dès lors que les individus qui le composent acceptent de partager avec les autres leurs réussites et leurs échecs, de façon à ce que tous bénéficient des apports de chacun lorsqu’ils entreprennent de monter un dispositif ou d’expérimenter une nouvelle méthode pédagogique.
Une académie apprenante se doit d’être avant tout ouverte sur le monde de la recherche. Parce qu’ils constituent la première source d’information, les articles scientifiques publiés sur les sujets qui intéressent l’éducation doivent être rendus aisément accessibles à tous les lecteurs qui auraient profit à les connaître. Un exemple parmi bien d’autres de la démarche que nous souhaitons encourager : vous avez remarqué que vos élèves avaient du mal à intégrer une notion ; vous cherchez des informations sur les méthodes pédagogiques qui facilitent l’apprentissage de cette notion ; vous trouvez à la fois des articles de recherche à lire et des expérimentations menées dans l’académie par des collègues que vous pouvez contacter.
Cette lettre est une première contribution à cette approche. Elle ne vise qu’à favoriser la généralisation d’un rapport facilité aux résultats de la recherche. Vous y trouverez régulièrement un accès simple à des articles de différents niveaux de difficulté.
Elle a été élaborée en collaboration avec Réseau Canopé, à partir de sa veille documentaire.
Pour cette première édition, nous vous proposons des contenus variés (vidéo, infographie, blog, dossier) qui permettent d’apprécier les apports de la recherche dans les pratiques pédagogiques.
Faisons le voeu qu’ainsi, peu à peu, peu ou prou, chaque enseignant des académies de Besançon et de Dijon devienne un praticien-chercheur, capable de se repérer dans la littérature de recherche pour façonner et perfectionner sa pratique.

Jean-François Chanet
Recteur de région académique, recteur de l’académie de Besançon, chancelier des universités

Frédérique Alexandre-Bailly
Rectrice de l’académie de Dijon, chancelière des universités

Lettre PARI #2 : édito de Charles Torossian

Améliorer l’enseignement des mathématiques est un enjeu crucial pour nos sociétés qui ont déjà basculé dans le monde digitalisé où les algorithmes envahissent notre quotidien ; comprendre les mathématiques et les algorithmes, c’est donc munir nos citoyens d’un passeport utile pour leur futur.
Les Français, jeunes ou moins jeunes ont aujourd’hui de piètres résultats en calcul, c’est ce que disent les évaluations internationales, mais aussi tous les acteurs éducatifs – des classes élémentaires à l’Université. La multiplication par 10 ou par 100 pose parfois des problèmes insurmontables à des adultes, les plaçant en difficulté vis-à-vis de l’emploi. Maîtriser le calcul élémentaire dès le plus jeune âge est donc un incontournable dans nos sociétés.
On a longtemps cru que les machines allaient nous en dispenser. C’est une idée simpliste car le calcul, notamment le calcul mental, a des fonctions utiles au-delà du simple résultat ; il nous aide à maîtriser et à jouer avec les abstractions et nous procure même du plaisir. Pouvoir jouer avec les nombres permet de manipuler les concepts abstraits, de les combiner et de construire des ensembles plus complexes ; c’est ce que font les mathématiciennes et mathématiciens lorsqu’ils démontrent un théorème qui, au fond, est toujours réductible à un calcul (parfois complexe).
Les recherches récentes sur le cerveau nous montrent que les humains codent de manière satisfaisante les petits nombres et les opérations associées dès la naissance. Nous sommes donc prédisposés pour le calcul, comme pour le langage. Ces recherches nous révèlent aussi des méthodes efficaces pour apprendre à calculer et surtout nous enseignent des erreurs pédagogiques à ne pas commettre – notamment en lien avec la saturation mémorielle ou la gestion des différentes mémoires. En somme, observer l’enfant dans son apprentissage calculatoire permet de mieux l’accompagner dans son développement global.
Les longs débats que la France a connus entre sens et pratique, ou la confusion qui a pu être faite entre faire et apprendre, sont aujourd’hui positivement éclairés par les apports récents de la recherche en psychologie cognitive ou par notre meilleure connaissance du fonctionnement de notre cerveau. Les travaux de Stanislas Dehaene ont un impact certain sur l’efficacité des apprentissages. Le cerveau apprend par la répétition, l’ajustement permanent dans l’essai-erreur, mais aussi par la capacité de se mettre en attention, c’est-à-dire de se concentrer et de se motiver. L’engagement actif et la surprise, que l’on retrouve dans les jeux mathématiques, sont donc des piliers, ce que savent nos enseignants depuis fort longtemps.
Les étapes d’apprentissage que nous préconisons dans le rapport que nous avons remis avec Cédric Villani au Ministre en février 2018, prennent pleinement en compte ces éléments : manipuler et expérimenter, verbaliser, abstraire. Dans ce même rapport nous détaillons aussi le rôle du cours – notion qu’il faut bien sûr adapter en fonction des niveaux de scolarité. Le cours de mathématiques doit être structuré et accompagné d’une trace écrite courte mais explicite, mais surtout un enseignement mathématique doit donner toute sa place à la notion de preuve.
Tous les liens ci-dessous permettront d’approfondir ces sujets et nous en recommandons vivement la lecture.

Charles Torossian
IGEN – Conseiller spécial DGESCO « Mise en oeuvre du Plan mathématiques »

Consulter le 1er numéro de la lettre : Recherche et pratiques pédagogiques

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