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Bonjour,

Une nouvelle question me vient à l'esprit... difficile. On entend beaucoup parler du statut de l'erreur et notamment de son rôle central dans les apprentissages.

Je suis curieux de connaître vos pratiques en ce qui concerne le travail sur l'erreur en classe : comment faire concrètement ? comment peut-on retravailler les erreurs ? organisez-vous des situations spécifiques de réel travail sur l'erreur afin d'y remédier ? vous servez-vous des erreurs comme situation d'apprentissage à part entière ?

12 Réponses

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Bonsoir

Une première ressource qui peut nous aider à réfléchir au statut de l'erreur et à son traitement:

http://ac-nice.fr/lettres/index.php/graines-a-semer/139-le-statut-de-l-ereur-dans-la-classe-et-pour-les-apprentissages

Anne

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Dans mon cas, j'en fais tellement que mes élèves sont totalement décomplexés. Rien de tel que l'exemple. Je les félicite lorsqu'ils les découvrent, de cette manière ils sont aussi plus attentifs. Ils apprennent assez rapidement que l'erreur permet d'avancer, que si on a peur d'être ridicule, je leur explique que le ridicule ne tue pas car je serais morte depuis longtemps (oh! une autre expression de mauvais gout que j'emploie!). C'est en forgeant qu'on devient forgeronlaugh

Pour exemple, un de mes nouveaux élèves d'âge CM1, niveau scolaire oral de CE1-CE2, sans passage à l'écrit (il y a une trace mais je pense que nous en sommes aux messages codés pour l'instant), m'a demandé lundi si c'était grave s'il se trompait? Réponse de mes anciens : "ben non, c'est que t'as pas compris!" Mon nouveau me regarde : "Alors, c'est pas grave?". "Non c'est pas grave! Evidemment ! C'est juste à moi de trouver comment te faire réussir."

L'essentielle dans l'erreur c'est de comprendre pourquoi et comment éviter de la reproduire. C'est aussi très souvent une source de franche rigolade, surtout quand les erreurs viennent de la maitresse ou de l'AVS.

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Merci beaucoup pour vos contributions et le lien. Je partage ton point de vue Armelle sur la dédramatisation de l'erreur et faire en sorte que l'erreur ne soit plus perçue comme négative par les élèves (ce qui est difficile...).

J'avoue que j'utilise aussi beaucoup l'erreur comme situation de débat (surtout en maths), j'en profite pour faire apparaître les nuances et les subtilités. C'est l'occasion de se poser tout plein de questions intéressantes...
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En plus de dédramatiser, une chose qui me semble importante c'est de trouver des explications aux erreurs. Pour cela j'ai plusieurs stratégies en classe. 

J'ai pour habitude de travailler avec les ardoises, je choisis toujours des ardoises avec des erreurs, je montre aux élèves et on essaie de comprendre pourquoi l'élève s'est trompé et, quand c'est possible, de modifier ou d'ajouter des éléments pour que la réponse proposée soit juste.

De la même manière, en résolution de problèmes par exemple, je demande les stratégies utilisées par plusieurs élèves, ou en orthographe, je recense toutes les propositions d'écriture au tableau et on débat. 

Enfin, les sciences et la démarche du chercheur est une bonne solution pour montrer en quoi les erreurs ne sont pas seulement pas graves, mais qu'elle permettent d'avancer plus loin et de se réinterroger. Par exemple, lorsqu'on met en place une expérimentation et que les résultats de celle-ci ne va pas dans le sens des hypothèses, on a plusieurs possibilité: la recherche des biais possibles de l'expérimentation (aussi intéressante que l'expérimentation) ou la mise enlace d'une nouvelle expérimentation ou la recherche de nouvelles hypothèses. Les projets Savanturiers qui permettent d'être en contact avec un chercheur sont une aide précieuse: le chercheur se trompe régulièrement et peut en parle avec les élèves.

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D'accord avec toi Stef ! Je fais parfois un peu comme toi, je prends en photo certains cahiers et travaux d'élèves puis je les projette avec le vidéo projecteur (via un cloud) ; cela fonctionne assez bien !
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Bonsoir,

J'utilise moi aussi beaucoup l'ardoise et dans ma classe, j'ai quelques affichages qui explicitent ma vision de l'erreur aux élèves. Généralement, à la rentrée, je prends un moment avec eux pour discuter autour.

Phrases du genre "C'est en se plantant qu'on pousse" "Votre meilleur enseignant est votre dernière erreur." ...
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J'aime beaucoup "C'est en se plantant qu'on pousse"! Je vais la voler celle-ci!
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J'adore cette phrase aussi ;)
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Bonjour,

Je vous conseille aussi l'excellent ouvrage d'Yves Reuter: "Panser l'erreur à l'école". Il permet de réfléchir avec beaucoup de précisions sur le rôle de l'évaluation dans les apprentissages.
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Je ne vais pas dire que j'encourage l'erreur mais en tout cas je leur montre qu'elle est essentielle pour progresser et qu'il ne faut pas en avoir peur. Tout comme Armelle , je fais aussi des erreurs, je ne sais pas tout et je leur dis. S'ils savaient tout, s'ils ne faisaient pas d'erreur à quoi est ce que je servirais?!!! Errare humanum est !
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Pas mal de chose intéressante mais il me semble essentielle de distinguer deux types d'erreurs car sinon les élèves restent figés dans leur représentation ''c'est pas bien de se tromper''.

1. L'erreur en évaluation : on cherche à savoir ce que sait l'élève. L'erreur montre un manque, soit dans la connaissance soit dans le moyen de l'appliquer. C'est cette erreur qui est sanctionnée par la note ou la pastille de couleur.

2. L'erreur dans les situations d'apprentissage : on ne sait pas forcément et on cherche. On a le droit de ce tromper, ce n'est pas grave car on a la possibilité de recommencer et de se corriger. Il arrive  même que dans certaines expériences, la situation est conçue pour amener l'élève à se tromper. Le but étant de mettre en lumière une conception intuitive erronée qu'ils doivent changer pour progresser. C'est destabilisant pour l'élève au début mais comme il a l'occasion de refaire et de trouver la 'bonne réponse', c'est plus gratifiant et ça reste un peu plus longtemps en tête.

Loïc
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Merci Loïc, et d'accord avec ton point 2 qu'on utilise beaucoup en mathématiques, la mise en échec de l'élève qui motive l'apprentissage de nouvelles compétences.
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