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Un énorme merci à Aurélie Garchey pour ce partage

Conférence Eirick Prairat
Considérer la différence : les élèves indisciplinés

biblio :
Eduquer avec tact
sanction et socialisation
questions de discipline à l’école
de la déontologie enseignante
la morale du professeur
la sanction en éducation

qui est E. Prairat ?
instit→  prof de philo → recherche
travail pour tirer la sanction du coté de l’éducatif. Thèmes forts et humanistes : l’hospitalité, le tact.

Intro :
Pb majeur pour l’entrée dans le métier : la discipline en classe
definition de la discipline : ensemble des règles de conduite et des dispositifs établis pour permettre le déroulement normal des activités dans la classe et dans l’établissement. Discipline = outil
vise la responsabilité des individus
→ nécessité d’avoir une vision positive de la discipline
3 temps :
    •    en quoi la discipline est  une menace ? Des remarques
    •    qu’est ce qui se passe aujourd’hui ?
    •    Quelques propositions

    1.    des remarques→  discipline = menace ?
    1.    on parle d’indiscipline mais pas de violence scolaire : une violence est une violence , pourquoi ajouter scolaire ?→ attention à ne pas criminaliser les élèves. La violence ne relève pas forcément de l’école, elle doit être traitée par la justice, la police, à l’extérieur de l’école. En revanche,   l’indiscipline scolaire est vraiment propre à l’école. Ces dysfonctionnement sont en partie liés au fonctionnement scolaire.
    2.    « exigible » qu’est ce qu’on peut exiger comme comportement aujourd’hui ? Il n’y a plus d’exigible en matière de discipline. Le moment où l’enseignant énonce la règle avant de démarrer ne peut plus exister ( là, il fait référence au maître des années 50) ….
    3.    Les faits d’indisciplines ont changé : nous sommes passé de chahut traditionnel ( ils sont circonscrits dans le temps et l’espace : ils ont lieu a la mm période de fatigue, dans les couloirs, ils sont ritualisés, ils participent à l’intériorisation des règles de l’ordre scolaire) à un chahut anomique ( sans règles, ils ne sont pas circonscrits dans le temps et dans l’espace, ils sont non ritualisés, cela témoigne d’une non reconnaissance des règles, elles ne constituent plus un repère structurant) l’indiscipline contemporaine : attitude, actes, comportements qui tendent moins  à renverser l’ordre normatif qu’à le diluer. c’est plus insidieux.
    4.    l’indiscipline fait souffrir le professeur ; il se sent coupable et victime à la fois. l’indiscipline remet en cause l’autorité = danger identitaire. Cela affecte le métier de prof en secondarisant la transmission par rapport à l’autorité
    5.    typologie des actes d’indiscipline : critère de classement : la visée
    ◦    souci de se dégager du travail scolaire→ se soustraire au travail scolaire → se soustraire aux règles institutionnelles = FUITE
    ◦    OBSTRUCTION : empêcher le déroulement du cours pour atteindre l’institution voire la personne même dans les grandes classes.
    ◦    CONTESTER les règles et les modalités de travail parce qu’elles ont été établies sans le concours de l’élève → l’élève veut imposer de nouvelles règles du jeu.

    1.    Quelques explications non exhaustives
    1.    La Massification = entrée de l’ensemble d’une classe d’age dans le collège puis le lycée puis le post bac. En 4 décennies, le nombre d’étudiant post bac a considérablement augmenté. On définit le « nouveau lycéen » : il ignore tout de la culture scolaire (les us et coutumes , les rituels) il perturbe le déroulement des activités.
    2.    La promesse oubliée : aujourd’hui l’école ne garantit plus de promesse d’emploi, cela déçoit les classes sociales les plus défavorisées → rapport de désenchantement désillusion à l’égard de l’école
    3.    la crise sociale : les difficultés matérielles s’additionnent a de profonds sentiments d’humiliation dans les familles→ familles démissionnaires ( il ne s’en fichent pas mais ne savent plus comment faire…)  les classes aisées  choisissent de garder ce qu’il  y a de positif : les sorties… mais se délestent de l’aspect normatif → les regles
    4.    jugements scolaire modifié : aujourd’hui il faut être meilleur que les autres, donc le jugement porte sur une destinée, il amène à penser qu’on est nul → indiscipline : elle devient alors une manière de résister à une institution qui dévalorise.  Cette résistance peut prendre la forme de la fuite ( absentéisme) la révolte
    5.    la crise de la fonction symbolique ( affaiblissement du lien social que confère la règle)  dans les sociétés post modernes (= seconde modernité par opposition à  la première modernité  qui est celle des lumières du 18e siècle)

    1.    Propositions de travail
    1.    élaborer un contrat de vie et de travail lisible : tous les collectifs d’individus sont en attentes de règles à propos de la communication, du travail a faire. fournir un mode d’emploi du prof → pas trop de norme, clarté, règles appliquées de manière constante, avec des devoirs du prof aussi. Cadre socialisant : il faut des interdictions, des règles mais aussi un cadre des possibles et des droits
    2.    mettre en place un temps de régulation : faire le point, débattre : l’heure de vie de classe doit être un véritable temps de parole
    3.    user des sanctions : consensus minimal partagé par les adultes, annoncé aux parents avec 3 axes :
    ◦    politique →  retour a la règle qui a été transgressée, ce n’est pas pour garder la tete haute
    ◦    éthique : responsabiliser un jeune
    ◦    psychologique : affirmer une limite
    ◦   
    ◦    savoir rendre la sanction prévisible, annoncée, gradée, crédible
    ◦   
    1.    Introduire ou maintenir des rituels : peut être sont-ils plus importants que les règles dans la classe ?
    1.    Rituels d’accueil
    2.    d’activité
    3.    d’ordre
    4.   
    2.    Ne pas séparer apprentissage et discipline :  rapport de l’OCDE : les classes ou règnent le calme performent plus.
    1.    Progressions structurées
    2.    annoncer les objectifs
    3.    planifier le fonctionnement de la classe
    4.    évaluer de manière informelle
    5.   
    3.    les élèves perçoivent si le prof est mal a l’aise, si il a peur →  4 conseils :
    ▪    donner le sentiment qu’on voit bien tout ce qui se passe dans la classe : être attentif, le montrer, circuler
    ▪    savoir réagir avec promptitude : un mot, un geste, rien de plus
    ▪    rester calme autant que possible
    ▪    en situation conflictuelle , ne pas entrer dans l’argumentation , réaffirmer la demande, différer l’argumentation.

Débat et questionnement :
A propos des classes aisées : elles prennent toutes les bonnes choses du travail éducatif : sortir, avoir accès a la culture mais elles se délestent des comportements élémentaires de respect.

Que faire quand un élève présente a la fois la fuite, l’obstruction et la contestation ? Montrer a ce jeune qu’il est capable de faire qqch. S’appuyer sur l’estime de soi : on ne s’estime que dans la capacité

Dans l’indiscipline actuelle il y a qqch de l’ordre de l’effacement de l’institution : oui mais le jeune peut aussi se sentir effacé aux yeux de l’institution → le temps de l’accueil est primordiale : hospitalité scolaire commence par l’accueil et se prolonge par la place accordée à chaque élève dans la classe.

A propos d’une nouvelle ritualité scolaire : accueil, activité, ordre  retour sur l’ordre : prise de parole par exemple
le cadre doit être contenant et soutenant a la fois a condition d’être dans un projet, si pas de projet, les élèves jouent avec le cadre.

A propos de la seconde modernité : l’inquiétude est omniprésente ( le changement climatique, la paupérisation…)
Freinet, Konac → des modèles de sobriété normative

Collectifs pédagogiques : rôle à jouer dans la discipline/ enseignant seul face a sa classe
Il existe un devoir d’assistance aux collègues.

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Une autre conférence passionnante. J'ai eu le plaisir de le voir lors d'une journée du Crap.

https://www.youtube.com/watch?v=-JMa1yQKjWI

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