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Avec plusieurs collègues français dont Julien Cremoux et Vincent Journeaux de notre Académie de Dijon, j'ai eu la chance de partir au Québec pour présenter @défiinférences et l'outil Minetest au service de l'école.

Lors de ce voyage, Nathalie Couzon directrice du REFER nous a offert également la possibilité de visiter différentes écoles et collèges ayant chacun une mode de fonctionnement propre. Dans chaque établissement nous avons trouvé une liberté pédagogique avec un soutien de la communauté. Nous n'avons pu rester qu'une heure avec chaque classe visitée et donc n'avons qu'un petit aperçu du fonctionnement. Nous avons pu voir des initiatives personnelles dispersées mais des vrais projets d'établissement. Ces projets sont plus faciles à mettre en place dans le privé puisque les enseignants sont recrutés en fonction du projet.

Nous avons vu beaucoup de classes flexibles avec comme point commun avec les nôtres : une grande partie du matériel est du matériel de "débrouille" : caisses de bouteilles de lait transformées, vieux lit en métal, étagères habillées en banquettes...

Les élèves ont la possibilité de s'assoir où ils veulent avec comme condition : changer régulièrement de place afin de ne pas gêner la croissance. Nous avons été surpris de ne pas voir de plan de travail, de classe inversée ce qui aurait peut-être été le cas si nous étions restés plus longtemps.

Dans l'une des écoles publiques que nous avons visitées, deux aménagement m'ont marquée:

- la charte ananas. Il s'agit d'un dispositif de bienveillance entre enseignants et d'ouverture sur les pratiques pédagogiques des collègues de l'école. Chaque enseignant dispose d'heures libres dans la semaine pour échanger avec ses collègues. Pendant ces temps d'échanges, chaque collègue peut aller voir un dispositif dans une autre classe.

- la fusion de deux classes de maternelle: les enseignantes ont choisi de travailler ensemble avec leur classe qui n'en forment plus qu'une. Le mur qui séparait les salles a été abattu et les élèves sont mélangés. Ils ont deux maitresses au quotidien. Leurs retours? Que du positif : pour les élèves, pour les enseignantes qui gagnent du temps en classe mais aussi en travail personnel.

Pour finir ce début d'échange, voici deux phrases entendues au collège de Drumondville qui laissent place à la méditation :

- "Pour que les élèves soient bien, il faut s'assurer que les enseignants le soit aussi"

- "Il est important de voir le chemin qui reste à parcourir mais aussi celui qui a été déjà parcouru".

Bonne soirée

3 Réponses

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Un très grand merci Sandrine de partager avec nous cette expérience précieuse.

J'aime beaucoup l'idée de la charte ananas....

Est ce que tu as eu l'impression que leur système est tellement différent du notre qu'il serait difficile de tenter de le copier ou bien crois tu que notre école puisse s'en inspirer?

Que faudrait-il pour diffuser ces pratiques?

Merci!
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Les écoles sont beaucoup plus libres que chez nous. Par exemple chacune est libre d'organiser les volumes horaires de chaque discipline et de décider son organisation pédagogique. L'école peut décider du nombre de jours travailler chaque semaine, des horaires et des vacances. Je pense que cette liberté est le signe d'une confiance qui n'existe pas chez nous. Nous subissons sans cesse des changements de programme décidés dans l'urgence, vivons des polémiques sur les méthodes employées et un système d'évaluation inégalitaire basé sur des quotas et plus ressenti comme une sanction que formateur. Tout cela fragilise la confiance des enseignants dans le système. Une très grande majorité des enseignants ont pur d'ouvrir leur classe de peur d'être jugé. Cette charte ananas fonctionne parce que les enseignants se font confiance, accepte des idées nouvelles, différentes et cela résulte d'une politique de confiance à un niveau plus haut. Ensuite, il faut pouvoir se dégager du temps pour aller voir les collègues, ce qui impliquerait chez nous, une tierce personne qui viendrait prendre la classe pendant la visite d'une autre classe. Mon ancienne IEN essayait de favoriser ces échanges mais fautes de moyens, ils restaient anecdotiques.

Il me semble que rien ne s'oppose à la fusion de classes et le travail à deux mais je n'ai pas toutes les cartes en main. Qu'est-ce qui pourrait gêner cela en France?
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répondu par (124 points)
Situation en France parfaitement résumée..... Merci Sandrine pour tout :)
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