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L'effet-maître, mythe ou réalité ? Qu'en pensez-vous ?

Pourquoi certains enseignants pourraient tout apprendre à n'importe quel élève ? Certains parlent de charisme, d'autres de bienveillance et de respect mutuel. On peut observer dans des classes des enseignants bien que tout jeunes entrants qui ont une relation pédagogique construite et saine et d'autres qui enseignent depuis bien plus longtemps sans s'en poser la question. Est-ce que cet effet-maître a sa place dans la relation pédagogique, voire dans l'enseignement plus globalement ? Comment se constitue-t-il ?

Ce n'est que le début d'une très vaste réflexion sur la professionnalité de l'enseignant que je vous propose ici. En effet d'autres questionnements viendront, notamment en termes plus académiques de gestes professionnels à acquérir. Mais attelons-nous tout d'abord à un essai de définition, ou de réfutation ...

15 Réponses

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répondu par (4 points)
Pour moi ce n'est pas un mythe, je mettais ça sur le côté charismatique de certains enseignants, sans doute sur l'empathie (sachant qu'il y a encore peu l'empathie avait une connotation très négative)

Est ce qu'on peut parler de "savoir être"? De personnalité particulière encline à l'empathie? Si on a pas cette personnalité est ce qu'il faut travailler sa posture?

On """sent""" que ça existe mais c'est difficile à définir.

La prise de conscience de l'effet maitre me semble essentielle car elle est contribue au bienêtre et à la réussite des élèves.

Merci pour cette réflection collective sur ce thème ... tellement bien venu pour la rentrée  ;-)
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répondu par (124 points)
Bonjour, et merci SoizicGS d'avoir posé cette question au sein du forum et de nous faire part ainsi de ces formidables travaux de recherche.

Pour moi, l'effet maître existe incontestablement... J'ai l'impression qu'il dépend avant tout de la volonté et des convictions profondes de l'enseignant par rapport à ses élèves. Je le vois de façon imagée comme un lien imaginaire qui relierait l'enseignant à chaque élève de la classe.

Cet effet maître va influencer la réussite, la compréhension, le comportement des élèves. On constate souvent qu'une même classe se comporte très différemment selon l'enseignant qui se trouve avec les élèves.

J'attends avec impatience les autres contributions !
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répondu par (760 points)
La discussion est passionnante.

En ce qui concerne une définition je dirais qu'il s'agit d'une attitude professionnelle qui lui permet d'être plus efficace.

Comment définir cette attitude, cette posture ...

Qu'est ce que vous en pensez?
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répondu par (12 points)
Bonjour Soizic

effet maître, effet classe, effet établissement....je pense que ces 3 effets ont un impact réel sur les apprentissages odes élèves.

L'effet maître repose sur l'attitude de l'enseignant qui a envie d'être là, face à ses élèves, qui les accueille, qui les respecte, qui allie à la fois la bienveillance et l'exigence (je sais que ces deux termes sont galvaudés, ce qui est dommage car ils ont une vraie place au sein de l'éducation) dans un enseignement ambitieux pour les faire progresser. Je pense que l'effet maître ne se mesure pas qu'en termes de résultats scolaires mais qu'il se mesure également au plaisir que les élèves ont de venir en classe, de participer.

Qui n'est pas fier d'entendre ses élèves lui dire à la sonnerie: "oh non! pas déjà, ça passe trop vite"

Il existe quelques recherches sur le thème de l'effet maître, notamment celles de Bressoux ou de Duru-Bellat.

Anne
+5 j'ai appris
répondu par (0 points)

Merci  Soizic pour cette question qui interpelle car l'effet enseignant semble permettre la réussite scolaire d'un plus grand nombre d'élèves et... que désire donc un enseignant pour tous ses élèves?! (Nous pourrions revenir sur l'idée de réussite "scolaire"  qui mériterait peut-être un questionnement sur sa définition,et je rejoins Anne sur la qualité à "vivre l'école" comme indicateur de réussite ).

Comme Proflv,je suis persuadée que le degré d'empathie influe immanquablement sur la pratique de l'enseignant. A un degré suffisant , je pense qu'il se caractérise par une qualité d'écoute, de dialogue, de respect de l'intégrité de l'autre qui construisent la confiance. Cette confiance contribue au climat de classe et s'alimente au gré des activités et projets portés. On peut penser que cela est une valeur ajoutée à la qualité du contrat didactique qui se retrouve renforcé :l'enseignant qui  prend le temps d'analyser chacun et croit en l'élève, l'élève qui fait confiance et se sent capable, le savoir qui est rendu alors plus accessible.Cercle vertueux qui apaise, agrandit la zone proximale de développement de l'élève et si on ajoute une pincée de coopération entre les pairs...alors beaucoup de bonnes choses peuvent être vécues!

Ceci quand même s'épanouit en premier parce que l'enseignant à un degré suffisant de confiance en sa pratique et une clarté sur la démarche qui engendre une organisation sécurisante pour l'élève et le groupe classe. Moins il y a de tension dans la construction pédagogique plus l'activité est sereine. Par contre je ne sais pas si cela nécessite beaucoup d'expérience professionnelle, certains enseignants me semblent parfois prêts dès leurs débuts grâce à leur expérience de vie.

Je suis tout à fait d'accord avec Anne, sur les trois effets dans le cadre scolaire.Ce qui est intéressant à observer, c'est qu'en majorité l'existence de ces effets est lié à des individualités, un directeur qui manage et porte des projets forts, un formateur qui diffuse une innovation pédagogique,un enseignant qui développe une pratique de classe "originale". Ce que j'adorerais vivre c'est un effet positif permanent qui profiterait à tous malgré toutes les mutations accompagnant notre parcours professionnel: un effet intégré dans le fonctionnement même de l' établissement scolaire ( l'idéal serait que l'Institution, au delà de toute échelle, porte un effet enseignement à toute épreuve pour la réussite de toussmiley;mais là je m'emballe !)

Références qui pourraient vous intéresser:

Laurent Talbot, « Les recherches sur les pratiques enseignantes efficaces », Questions Vives, Vol.6 n°18 | 2012, mis en ligne le 15 septembre 2013,

Pierre Cusset,  « Analyse sur l’effet enseignant  sur la réussite des élèves, analyse 232 »

Le document du CAS :
www.strategie.gouv.fr/content/que-disent-les-recherches-sur-leffet-enseignant-note-danalyse-232-juillet-2011

 

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Question passionnante et qui peut être dérangeante pour certains. Si on semble tous s'accorder sur les effets positifs d'un enseignant bienveillant et à l'écoute, cela veut malheureusement dire qu'une personnalité contraire arrive aussi à dégoûter les élèves. Et on en connaît sûrement tous.

Pour rester positif, je dirais qu'il y a plusieurs niveaux à atteindre pour susciter cet effet :

  1. Avoir une bonne confiance en ce qu'on dit : ce qui passe par une maîtrise de son cours et de savoir où on veut emmener les élèves.
  2. Être à l'écoute des questions des élèves : ce qui oblige une certaine souplesse dans sa propre structure.
  3. Être bienveillant avec les élèves : ce qui nécessite une bonne disponibilité affective et un climat global de l'établissement (y compris avec les adultes) positif.
  4. Une bonne dose d'autodérision pour dédramatiser.
  5. J'oublie sûrement quelque chose mais les suivants compléteront ;)
Bonne continuation
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Bonjour à tous,

Merci pour ces premières interventions déjà très riches.

Encore de nouvelles lectures poir encore approfondir.

De mon côté, ayant avant axé mes premières recherches sur la relation pédagogique, ma réflexion évolue alors. Au fil de vos mots, je pense qu'il sera intéressant de placer le sujet qui nous préoccupe dans la logique bien connue de cause-effet-conséquence. Ainsi on peut mieux définir l'effet maître par des adjectifs qui pourraient se rapporter à une déontologie du métier finalement. Dans les causes il y a de très nombreux points qui peuvent se décliner positivement comme négativement. Ces points peuvent aussi être categorisés selon des attitudes. On rejoint ici les matrices de gestes professionnels.

Pour les conséquences, on peut parler alors des comportements, productions mais aussi émotions des élèves.

Qu'en pensez-vous ?

Promis j'essaie de lire les documents et on en reparle.

A très bientôt

Soizic
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Merci Soizic,

Tu peux donner des exemples  d'adjectifs qui définiraient l'effet maître s'il te plait?.

Je pense comme toi au niveau des effets et j'ai hâte de suivre la suite de ces discussions.
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Bonsoir Laurence,

Pour les adjectifs qui pourraient, dans le cadre d'une analyse, éclairer l'observation dans un objectif de formation, je pense, par exemple: positif ou négatif (au plus simple), mais aussi dynamique, motivant, accompagnant, maternant... Tu vois ce que je veux dire ? Il pourrait être intéressant de réfléchir à une grille d'analyse critèriée. D'autant que l'impact de l'effet maître sur le climat de classe (mais aussi sur le climat scolaire finalement encore plus lorsque l'enseignant reste plusieurs années dans une école) est indéniable selon moi. Pour les outils d'analyse j'ai pu travailler avec les propositions de la chaire UNESCO sur les gestes professionnels (le simplexe de Luc Ria notamment et une grille critèriée très intéressante, déclinable je pense).

Cela me donne envie de construire... Mais trouverais je le temps.... Je vais essayer de proposer quelque chose.

A bientôt

Soizic
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Merci pour la question et les réponses intéressantes. L’effet maître selon moi renvoie aussi à la notion d'autorité et à la vision qu’en a l’enseignant. L’enseignant qui voit dans l’aurorité un moyen “d’augmenter” l’élève et qui fait le postulat d’educabilité de chacun renvoie cette image aux élèves qui sont prêts à le suivre et à apprendre. Est-ce qu’il faut parler de charisme? Ne serait-ce pas plutôt du professionnalisme?

Le fil de discussion me fait penser aux travaux de Bruno Robbes sur “l’autorité éducative”
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répondu par (124 points)
Stef je suis d'accord avec toi sur cette notion de "charisme", qui renvoie (pour ma part...) à quelque chose de presque inné, qui ne s'apprend pas, alors que je pense que, même s'il est indéniable que certaines personnalités seront plus à même d'orienter les comportements des élèves, cela peut s'apprendre par l'expérience. Comme toi j'emploierais donc plutôt le mot "professionnalisme".

Soizic : il est peut-être très difficile de répondre à cette question, y a-t-il des "profil-types" qui se dessinent au niveau des enseignants avec les classes en ce qui concerne ce fameux effet-maître ?
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Bonsoir,

cela fait un certain temps que j'essaie de formuler ma pensée sur cette question, mais c'est un peu, beaucoup en fait, compliqué.

Pour ma part, je pense que ce "charisme" est essentiellement lié à notre parcours personnel, notre manière d'être face aux savoirs. Avant d'être des professionnels, nous sommes des apprenants, curieux ou non, ouvert à la différence ou non, ayant le gout de l'effort ou non… Ce qui nous a amené à l'enseignement fait de nous l'enseignant que nous sommes (je ne suis pas certaines d'être claire). 

Dans mon cas, c'est essentiellement l'élève que j'ai été, et que je suis encore, qui guide mon comportement d'enseignante. J'ai très rarement correspondu au moule, toujours dedans sans jamais vraiment y être. Et la seule chose que je suis certaine de faire, c'est de donner envie à mes élèves d'apprendre, de venir à l'école pour finir la journée avec "un petit truc dans la tête en plus". J'aime venir en ULIS, même si certaines journées sont très difficiles physiquement et moralement, j'aime me torturer la tête à trouver comment lier pour unir mes 12 profils, j'aime apprendre avec eux et assister à leurs découvertes. Ils ont confiance en eux parce que j'ai confiance en eux. Ils ont confiance en moi parce que j'ai confiance en eux.

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répondu par (4 points)

Bonjour à tous,

Après une longue rentrée d'absence, je passe et réfléchis, encore, comme vous tous finalement.

En relisant, et après d'autres observations, je peux synthétiser l'effet-maitre comme l'effet que génère ce maitre. Ainsi, on personnalise l'effet positif recherché sur les apprentissages et sur le comportement des élèves par une pratique d'un maitre. Cette pratique (au singulier pour globaliser ce qui constituerait à la fois les choix didactiques et pédagogiques et les choix sociaux, éthiques et relationnels) est liée à certains éléments tout personnels pour chaque enseignants:

  • charisme
  • comportement maternant
  • positivisme
  • humour (voire sarcasme)
  • empathie
  • écoute active

Cette pratique personnelle de l'enseignement génère chez les élèves un positionnement tout personnel:

  • confiance
  • adhésion
  • attention
  • admiration
  • sérénité

Nous parlons ici, donc, d'un effet-maitre positif, que nous souhaitons pour tous les élèves.

Il sera intéressant de développer par une analyse de l'agir des enseignants, mais aussi de leur vision de l'enseignement et de leur anticipation, les choix qui génèrent davantage la confiance.

Enfin, je pense que plus un enseignant affirme sa connaissance didactique de l'enseignement, plus l'élève est en confiance.

Et nous ne parlons pas ici de la confiance des parents, qui ramène aussi à leur vécu propre de l'école.

Merci à tous pour vos contributions

Peut-être à très vite

+1 j'ai appris
répondu par (760 points)
Bonjour Soïzic,  Un très grand merci pour tes pistes de travail et tes réflexions. J’aime beaucoup cette idée de personnalisation de l’effet maître. J’aime beaucoup ton approche.

 J’ aurais une question, comment fais-tu pour évaluer  l’impact de  cet effet maître  sur des élèves?

Merci !
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répondu par (124 points)
Merci Soizic ! J'ai la même question que Laurence... et j'en rajouterais une ; l'âge des élèves a-t-il une incidence sur cet effet maître (je pense que oui...) ?
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